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MALADIES, REMEDES ET LANGUES EN AFRIQUE CENTRALE

Cameroun, congo,centre Afrique, Gabon, Niger

 

MALADIES, REMEDES ET LANGUES EN AFRIQUE CENTRALE

La liste qui suit donne un aperçu de la zone couverte et des langues étudiées lors des missions de 1993 et de 1994 :

Nom de l’enquêteur, Langue étudiée, Zone géographique

  1. Franck Idiata i-saNgo Gabon (Centre)
  2. Jean-Noël Mabiala ki-yOOmbi Congo
  3. Pither Medjo fang de Bitam Gabon (Nord)
  4. Médard Mouélé li-wanzi Gabon (Sud-Est)
  5. Laurent Mouguiama fii-sir2 Gabon (Centre et Sud)
  6. Patrick Mouguiama mpoNgwE Gabon (Nord-Ouest)
  7. Gisèle Teil-Dautrey e-wondo Cameroun (Sud)
  8. Lolke Van der Veen fie-∫ia Gabon (Centre)
  9. Naima Louali touareg Niger

 

L’AFRIQUE NOIRE FACE A LA MALADIE
Lolke J. Van der Veen
Lorsque la maladie, ou plus généralement le mal-être, frappe l’homme noir africain moderne, ce dernier se trouve en quelque sorte confronté à un dilemme. Globalement, deux médecines, cohabitant plus ou moins pacifiquement mais dont les approches sont fondamentalement différentes, lui proposent leur savoir-faire afin de soulager sa souffrance ou, si possible, la faire cesser : l’une locale et généralement traditionnelle1, et l’autre occidentale, donc venant d’ailleurs et importée, moderne, s’appuyant sur une recherche scientifique de haut niveau et des tests cliniques caractérisés par une très grande rigueur.
Or, quel(s) itinéraire(s) thérapeutiques le malade noir africain emprunte-t-il ? A quelle médecine s’adresse-t-il pour se faire soigner, lui ou sa progéniture, pour quelle(s) raison(s) et dans quelles circonstances ? Les deux (ou multiples) approches sont-elles ressenties et considérées comme concurrentielles par lui et son entourage ? Et par quels noms locaux désigne-t-il les troubles pathologiques et les remèdes traditionnellement utilisés ? Que peut nous apprendre la phraséologie ainsi que la classification lexicale des noms de maladies et des remèdes sur le regard qu’il porte sur la maladie et les voies menant à la guérison ? Les questions sont maintes.
L’étude des médecines traditionnelles est incontestablement très à la mode. De nombreuses publications de nature très diverse, scientifiques et autres, témoignent d’un intérêt grandissant pour la phytothérapie et d’autres approches thérapeutiques alter- natives2, et pour ce que ces approches peuvent apporter à l’homme. En Europe, de plus en plus de regards se tournent vers les médecines traditionnelles, quelque soit l’origine géographique et / ou culturelle de ces dernières, dans l’espoir de trouver en elles ce que l’on affirme ne pas avoir trouvé dans la médecine moderne occidentale.
Le domaine des médecines traditionnelles, caractérisées par un mélange d’empi- risme et de croyances magico-religieuses, est un domaine qui suscite des réactions souvent extrêmes. Sur certains ces médecines exercent une véritable fascination et leur adhésion à celles-ci peut prendre des dimensions non rationnelles.

Il est clair que l’on ne peut étudier sérieusement les médecines traditionnelles si l’on se laisse enfermer dans de tels a priori. Les connaissances qu’elles ont accumulées au fil des siècles méritent d’être examinées de près.
Les enjeux des recherches menées dans ce domaine sont considérables, d’où leur intérêt. Ils sont de divers ordres : industriel, scientifique, idéologique, etc.
L’enjeu industriel est essentiellement celui de l’industrie pharmaceutique. Bien que les recherches pharmaceutiques soient fastidieuses et coûteuses, leur intérêt est évident. De nombreuses plantes médicinales restent à étudier sous cet angle (ou à découvrir), et des principes actifs à mettre en évidence et à exploiter à des fins thérapeutiques ou autres. Il en va de l’avenir de l’humanité3, qui se voit confrontée à l’heure actuelle à des pathologies que la médecine moderne ne sait combattre de manière efficace.
Pour ce qui est de la science, les enjeux sont multiples. Plusieurs de ses domaines peuvent également tirer profit des investigations en médecine traditionnelle. Mentionnons la biologie moléculaire, la théorie médicale et les sciences humaines.

L’étude de l’interaction esprit – matière peut par exemple faire avancer la théorie médicale ; l’étude du regard de l’homme sur son corps et sur ses troubles pathologiques, du rôle des croyances magico-religieuses dans la guérison, du rôle du groupe et du thérapeute dans l’itinéraire thérapeutique, des paroles échangées entre thérapeute et malade, etc., alimentera les diverses sciences humaines.
Et l’on n’oubliera pas les enjeux idéologiques. Pourquoi les cultures autres que celles issues de l’Occident n’auraient-elles pas également leur mot à dire sur la médecine et son avenir ?
Ce que l’on peut toutefois regretter, c’est que les résultats des travaux de recherche et en particulier les découvertes de l’industrie pharmaceutique ne profitent que rarement à la population des pays où ces recherches sont effectuées ; ceci étant d’autant plus regrettable que ces derniers sont généralement situés dans des régions déjà peu favorisées. Ne serait-il pas plus que souhaitable qu’une réflexion sérieuse d’ordre déontologique soit entamée au niveau international concernant les possibilités de développement d’industries pharmacologiques et pharmaceutiques locales dans ces pays ?

Quels ont alors été nos objectifs ? Pour répondre à cette question précisons d’abord pourquoi nous avons voulu étudier les médecines traditionnelles de cette région d’Afrique sous un angle ethnolinguistique.

Il existe bien entendu un certain nombre d’études traitant de la médecine traditionnelle, mais celles-ci sont ponctuelles dans la mesure où la plupart du temps elles se focalisent sur une communauté spécifique. Nul ne contestera le besoin de voir plus large et de systématiser la recherche effectuée dans ce domaine en travaillant parallèlement sur plusieurs communautés à la fois dans une perspective pluridisciplinaire, afin de mieux apprécier le fonds commun ainsi que d’éventuelles variations.
La linguistique, en collaboration avec d’autres disciplines telles que l’anthropologie médicale, la sociologie et la psychologie, peut jouer ici un rôle et apporter des compléments d’information intéressants1. Elle peut dans un premier temps rassembler un maximum de données lexicales fiables, transcrites phonétiquement ou phonologiquement2, pour ensuite, dans un deuxième temps, procéder à l’analyse de ces données. Une telle analyse comprendra la description des principes de dénomination (onomasiologie) et l’étude sémantique des différents domaines lexicaux. La sémantique d’une langue étant investie par la culture de ceux et celles qui la parlent3, l’étude du lexique et en particulier des lexiques spécialisés peut nous renseigner sur la façon dont ces personnes perçoivent le monde dans lequel elles vivent. Nous pensons que la part du sémantique, et donc du culturel, est loin d’être négligeable dans la perception. Etudier le lexique est donc dans cette perspective une façon d’appréhender la culture. Pour ce qui est des noms des végétaux par exemple, Wagner (1986) affirme que “les guérisseurs sont attentifs au nom de la plante, à ce qu’il signifie, …” et que “les connotations linguistiques … font la richesse de la pharmacopée gabonaise”4. Cet avis est partagé par Gollnhofer et Sillans qui, après de longues années de recherches effectuées auprès de plusieurs ethnies du Gabon, insistent, dans un court article en hommage à l’abbé Raponda-Walker5, sur l’importance d’un travail de recherche prenant pour objet la sémantique des noms locaux des végétaux.

OBJECTIFS PRATIQUES DU PROJET
Sur le plan pragmatique, notre projet avait pour objectifs, par le biais d’enquêtes et d’analyses ethnolinguistiques,

1)de rendre plus efficace le travail du corps médical dans les différents pays d’Afrique Centrale (Cameroun, Gabon, Congo, Zaïre, Centrafrique) en améliorant la relation médecin-patient en contexte interculturel. Il a voulu viser, entre autres, à réduire au maximum les dysfonctionnements dans la communication, trop souvent générateurs de malentendus, de tensions et de traumatismes relationnels plus ou moins graves2 ; ceci en permettant aux médecins occidentaux travaillant dans cette région du monde de mieux comprendre leurs interlocuteurs et de connaître la perception que ceux-ci ont de leur corps, de la maladie et de la guérison ;

2)de tenter de rapprocher médecine moderne et médecine traditionnelle en précisant la place et la spécificité de chacune, et d’augmenter nos connaissances sur la pharmacopée traditionnelle, entre autres par la découverte de nouvelles plantes médicinales utiles à la communauté internationale et par la mise en évidence de nouveaux principes thérapeutiques. On estime qu’il existe en Afrique dix fois plus de plantes médicinales qu’en Europe.Nous nous sommes par conséquent fixés comme but premier une amélioration importante et consistante tant de nos connaissances sur les types de maladies rencontrées dans cette région du monde, sur les noms qui désignent la maladie et les différents types de désordres pathologiques et sur la perception locale des causes, que de nos connaissances, actuellement extrêmement limitées, sur les remèdes utilisés par les populations locales et sur la nomenclature de ces remèdes.
Cet objectif ne pouvait être atteint que par l’étude systématique de la terminologie locale de la maladie (souvent d’une grande complexité, comme nous le verrons plus bas) et des soins thérapeutiques (notamment des très nombreuses plantes médicinales auxquelles les populations locales et les guérisseurs ont fréquemment recours), des représentations culturelles et enfin, dans la mesure du possible, des principes de dénomination et de catégorisation lexicale. L’étude de la perception devait permettre de faire apparaître les facteurs naturels et/ou (présumés) surnaturels, qui jouent un rôle dans le déclenchement des maladies ou dans le processus de guérison, et englober bien entendu l’étude du rôle du social, du religieux et du symbolique dans les traitements thérapeutiques, et ainsi de suite.

PERCEPTION DE LA MALADIE INTRODUCTION

UN QUESTIONNAIRE COMMUN:
Chaque chercheur, dans sa contribution concernant la perception de la maladie, a tâché de répondre aux questions précisées ci-dessous. Il s’agit d’une synthèse des divers questionnaires antérieurs, présentés dans le chapitre précédent. Il va de soi que les données obtenues lors des enquêtes menées jusqu’à présent n’ont pas toujours permis de répondre à toutes ces questions.
Liste des questions :
-Qu’est-ce que la santé, la maladie, la guérison dans la vie d’un homme suivant la conception locale ? Lorsque l’on tombe malade, faut-il retrouver la santé ou traverser la maladie pour atteindre une nouvelle étape de sa vie ? Quelle est l’organisation globale de l’univers du groupe, en tant que construction culturelle (le monde diurne, le monde nocturne, les êtres peuplant ces univers) ? Quelle est la place de l’homme au sein de ces univers ? L’homme est-il vu comme un être fondamentalement un, ou est-il, au contraire, constitué de plusieurs parties (corps, âme, esprit ; corps physique, corps astral ; etc.) ?
-Y a-t-il des catégories de maladies (populaire, initiatique, etc.) ?
-Existe-il différents types de thérapeutes ? Ou différentes fonctions ? En quoi consiste leur formation ? Existe-il des spécialisations (parcours initiatique ?), une hiérarchie, une mise en commun des connaissances (formation de fédérations, par exemple) ? Quel est le rôle des interdits ? Quel type de thérapeute consulte-t- on pour tel ou tel type de maladie ?
-Quels sont les thérapies existantes (plantes, rituels, etc.) ? Existe-t-il une double nomenclature des plantes (populaire et initiatique) ? Quelle est la place des animaux, de certains aliments ou objets dans ces thérapies ? Les traitements sont- ils payants ?
– Comment une consultation se déroule-t-elle ? Comment établit-on un diagnostic ?

L’ordre de présentation sera le suivant :

  • Perception de la maladie chez les Bayoombi du Congo ;
  • Perception de la maladie chez les Fang du Gabon ;
  • Perception de la maladie chez les Masangu du Gabon ;
  • Perception de la maladie chez les Eshira du Gabon ;
  • Perception de la maladie chez les Wanzi orientaux du Gabon ;
  • Perception de la maladie chez les Touaregs du Niger ;
  • Synthèse (en deux parties) : médecine(s) bantoue(s) et médecine touarègue.

A. MEDECINE(S) “BANTOUE(S)”
•Les termes tels que “maladie”, “médicament”, médecin” et “causes” et aussi certains termes désignant des maladies spécifiques (voir section 3 du présent ouvrage) ont en français local un sens différent ou du moins beaucoup plus large, sous l’influence des langues africaines locales. Ces différences sémantiques occasion-nent ou risquent d’occasionner de nombreux malentendus. Sont considérées comme maladies par exemple, en plus de ce que nous jugeons être des maladies, dans la plupart des communautés étudiées : tout sentiment de malaise, la malchance (le sentiment que “rien ne va plus”) et les vices (tels que le vol et le mensonge).
•La maladie est perçue comme une rupture d’équilibre, à la fois sur le plan de l’individu et celui de la société dont cet individu fait partie.
La maladie étant un moment de fragilité que des personnes mal in- tentionnées peuvent mettre à profit, le malade africain ne fera pas part de son état à n’importe qui. La méfiance qui règne dans ce domaine est considérable, en particulier lorsqu’il s’agit de maladies graves (“mystiques”). On tend à cacher son état à toute personne, connue ou inconnue, par peur du sorcier. Celui-ci pourrait “profiter” de la situation et agir sur l’efficacité des soins. Il faudra d’abord qu’une relation de confiance s’établisse. D’après Pither Medjo, la méfiance semble être moins prononcée chez les Fang.
•La perception de la maladie est tributaire d’une autre vision du monde. Le milieu environnant (forêt, savanne, fleuve et tout ce que ces lieux contiennent : minéraux, végétaux et animaux) est “habité” par des “énergies” (génies, esprits de diverses sortes : forces ancestrales et cosmiques). Tout est chargé de “forces”, d’énergie vitale. Les éléments du milieu peuvent transmettre à l’homme l’énergie qu’ils détiennent (loi de propagation) à condition que l’on suive la bonne démarche, c’est-à-dire que l’on observe bien les rituels définis par la sagesse ancestrale. Le tradipraticien sert de médiateur entre ce monde chargé de “forces” et l’individu souffrant (en manque de force).
Les populations locales opèrent une distinction entre d’une part le monde “diurne”, monde qui correspond à celui du village, c’est-à-dire au domaine des humains, à la vie sociale avec ses échanges plus ou moins réguliers, mais aussi avec ses interdits et ses lois, et d’autre part le monde “nocturne”, monde qui correspond fréquemment, au niveau des représentations locales, à celui de la nuit ou de la forêt (le domaine des esprits et des sorciers), monde de l’inconnu, monde à respecter, constituant une source d’énergie pour la médecine et / ou la sorcellerie.

 

B. MEDECINE TOUAREGUE
•Ce qu’un Touareg entend par “maladie” couvre une réalité plus vaste que ce que nous entendons par ce terme. (Cf. Les termes touaregs utilisés pour désigner la maladie en général et les pathologies spécifiques.)
•La maladie est dans tous les cas de figure rupture d’un équilibre. Elle peut être, selon une première lecture, la rupture d’un équilibre alimentaire. L’on part alors d’une conception dualiste, qui oppose “chaleur” (associée à la graisse) et “fraîcheur” (associée au sucré). Cf. la diarrhée (section 3 du présent ouvrage). Ces deux composantes doivent être en harmonie. Guérir, c’est rétablir cet équilibre perdu.
La maladie peut aussi avoir d’autres causes : les agissements des génies (appelés “ceux de la brousse”) ou des sorciers (jeteurs de mauvais sort). Cette seconde lecture s’impose en cas de résistance au traitement.
•Il existe plusieurs types de thérapeutes et de médecines. Pour soigner une maladie du premier type, on ira consulter la guérisseuse qui soigne par les plantes et par des rites païens (pré-islamiques) ou le marabout qui prescrit des remèdes à base de versets du Coran. Leurs pratiques sont socialement valorisées. Toutefois, en cas de résistance au traitement, la nature de la cause sera établie par voyance à partir des étoiles. La voyante saisit l’étoile de l’individu. Dans cette conception, macrocosmos et microcosmos sont indissociablement liés. On consultera ensuite un sorcier afin de conjurer le mauvais sort ou l’on procédera à des rituels collectifs contre les agissements des esprits (génies). La pratique de la sorcellerie est peu estimée. Les soins faisant appel à un sorcier pourraient être qualifiés de “parallèles”.
• La médecine occidentale est perçue comme efficace pour soigner certaines maladies seulement. Elle est généralement difficilement accessible pour des raisons financières et / ou géographiques. Les dispensaires sont sous-équipés.
•La prévention prend la forme de talismans (contenant des versets coraniques).

LES NOMS DE MALADIES KIYOOMBI (CONGO)

INTRODUCTION
En guise d’introduction à la terminologie de la maladie et des maladies en kiyoombi, nous proposons quelques remarques explicatives pour faciliter la compréhension des données qui suivent.
1. La rubrique “Thérapeute” concerne essentiellement les deux principaux types d’institutions de soins : médecine locale et médecine occidentale.
2. La rubrique “Traitement” rassemble les éléments qui, à notre connaissance, entrent dans le traitement de chaque maladie.
3. Le terme “spécifique” dans la rubrique “Traitement” renvoie à plusieurs aspects thérapeutiques. Il peut s’agir :
– de soins apportés par un spécialiste tel que le guérisseur spécialiste des morsures et venin (mYéangéal&a), de la rate (kéîbéeléîk&a), des cassures de
jambes (kéîlYéaéat&a), etc. ;
– de thérapie spéciale associant rites et initiation comme pour les maladies dues aux génies ;
– de traitement mystique recourant à la médiation entre monde diurne et monde nocturne. Ex. : séance de léîb&Ok&a.
D’où la diversité de la notion de “Thérapeute : médecine locale” comme type d’institution thérapeutique.

PATHOLOGIES IDENTIFIEES

  • Affection dentaire
    Nom local : séOéOng&u méun&u.
    Cause : sucrerie. Thérapeute : médecine locale. Traitement : plantes.
    Amaigrissement
    Nom local : léubéaéand&u.
    Cause : mécontentement de parents : méanyéO&Ong&î. Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : traitement spécifique, précédé par une réunion de famille (mWéaéants&u) et une confession.
  • Ampoule
    Nom local : léîsWéEéEb&a.
    Cause : travail manuel. Thérapeute : médecine locale.
    Asthme
    Nom local : méas&as&ak&a.
    Cause : sort (sorcellerie). Thérapeute : médecine locale.
  • Blessure
    Nom local : léubéum&a.
    Cause : blessure.
    Thérapeute : médecine locale et médecine occidentale. Traitement : os de poisson salé brûlé et écrasé et plantes.
  • Boutons
    Nom local : bYéu&un&&î.
    Cause : sort (sorcellerie). Thérapeute : médecine locale. Traitement : sève de bois de chauffe.
  • Coup de froid
    Nom local : kYéOéOts&î.
    Cause : mauvais terme avec ses « diables ». Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : traitement spécifique, précédé par une réconciliation avec ses
    « diables ».
    Note : le terme local signifie littéralement ‘froid’.
  • Dartre
    Nom local : léO&Ot&a.
    Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : plante : léîféuk&u (Cassia alata).
    Note : autrefois considérée comme élément de beauté féminine.
  • Diarrhée
    Nom local : kéuYB&OéOs&î.
    Cause : problèmes digestifs.
    Thérapeute : médecine locale et médecine occidentale. Traitement : citron (Citrus limonum).
    Note : le terme local signifie aussi ‘faire passer’.
  • Eléphantiasis des jambeNom local : téaéamf&u.

Cause : ver.
Thérapeute : médecine locale.
Traitement : pâte à base d’eau et de cendres.

  • Eléphantiasis des testicules Nom local : énkéukéul&u.
    Cause : affection héréditaire ou due à un sort (sorcellerie). Thérapeute : médecine locale et médecine occidentale.
  • Empoisonnement 1
    Nom local : énpéOéOt&u.
    Cause : sort (sorcellerie), viande mystique. Thérapeute : médecine locale. Traitement : plante vomitive.
  • Empoisonnement 2
    Nom local : kéîl&îmb&ul&a.
    Cause : sort (sorcellerie), viande mystique. Thérapeute : médecine locale. Traitement : plante vomitive.
  • (Epidémie)
    Nom local : kéîBéuéung&a.
    Cause : châtiment divin, colère des ancêtres, des génies de la terre. Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : traitement spécifique, précédé par une séance d’offrandes.
  • Epilepsie
    Nom local : kéîsY^Et&îl&a.
    Cause : sort (sorcellerie). Thérapeute : médecine locale. Traitement : traitement spécifique.
  • Fièvre
    Nom local : léîbééaéaw&u.
    Cause : rencontre avec un esprit. Thérapeute : médecine locale. Traitement : traitement spécifique.
  • Filaire du cristallin
    Nom local : léOéOw&u.
    Cause : contagion en regardant une personne atteinte. Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : traitement désigné par l’expression »pêche du ver ».
  • Hémorroïdes
    Nom local : mWéIl&î.
    Cause : abus des relations , héréditaire.
    Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : léukY&Ef&u léu mp&u&umb&u (Amomum granum paradisi).
    Note : le terme local signifie aussi ‘intestin’.
  • Hernie
    Nom local : yéîmbân&a.
    Cause : héréditaire, effort physique intense. Thérapeute : médecine occidentale et locale. Traitement : traitement spécifique.
  • Hoquet
    Nom local : kéîts^îk&u.
    Cause : soif, sort. Thérapeute : médecine locale. Cause : eau, spécifique.
  • Impuissance
    Nom local : kéuB&Ol&a.
    Cause : transgression d’un interdit par la maman, lait maternel, circoncision
    ratée. Thérapeute : médecine locale. Traitement : rapport sexuel avec la mère. Note : le terme local signifie aussi ‘être fatigué’.
  • Incapacité à accoucher
    Nom local : kéuléEéEmb&u.
    Cause : paresse, sort. Thérapeute : médecine locale. Traitement : spécifique (rituel) et assistance d’une accoucheuse. Note : le terme local signifie aussi ‘ne pas pouvoir’.
  • Inflammation du ganglion inguinal Nom local : yéîts^Ed&î
    Cause : répercussion d’un autre mal souvent au pied ou à la jambe Thérapeute : médecine locale Traitement : massage à l’huile d’amande
  • Lèpre
    Nom local : bWéa&ats&î.
    Cause : contagion, totem : méîk^Os&a (crevettes). Thérapeute : médecine locale.
  • Malchance, maladresse
    Nom local : kéîbéîéînd&a.
    Cause : sort, plaintes de parents paternels : méîs&a&ang&a. Thérapeute : médecine locale.
    Traitement : spécifique précédé par une réconciliation familiale, lavement de
    corps.
    Note : le terme local signifie aussi ’cause de décès’.

 

LES NOMS DE MALADIES FANG (GABON)

Suivent ici les lexèmes et expressions lexicales désignant des affections pathologiques recueillies auprès de locuteurs du fang de Bitam

PATHOLOGIES IDENTIFIEES

  • Abcès de l’aisselle (gonflement des ganglions de l’aîne) Nom local : l&E`E.
    Causes : inconnue.
    Symptômes : un ou plusieurs abcès au niveau de l’aisselle. La douleur est tellement aigüe que le malade est incapable de tenir son ou ses bras le long du corps.
    Type de maladie : banale.
    Traitement 1 : trouver un NgŸ`E&En m`2s^2N, c’est-à-dire une variété de mille-
    pattes qui a la couleur que le tronc d’un Musanga cercropioïdes, d’où son nom « mille-pattes des parasoliers ». Ceci fait, appuyer sur l’abcès ou les abcès et en recueillir le pus. Déposer ce pus sur le corps du mille-pattes. Libérer enfin le mille-pattes en prononçant : « Va-t-en vite, retourne avec cette maladie ! ». Grace à cette formule la maladie est censée disparaître à jamais.
    Témoignage : la mère de l’auteur a connu cette affection.
    Traitement 2 : prendre les excréments de la vipère du Gabon (fêW) et constituer
    une purge à partir de ces excréments en y ajoutant un peu d’eau. Ce traitement dure 2 jours. Informateur : Obono Allo’o.
  • Abcès des gencives
    Nom local : `ek`e`e &aW`u.
    Note : littéralement : ‘furoncle de la bouche’.
  • Cystite
    Nom local : m`2W&OQ&O.
    Note : littéralement : ‘urines’.
  • Dartre
    Nom local : s&2m.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : récolter les feuilles de ày`2m&2 NgŸ3eQ3e (herbe non identifiée).
    Bien malaxer les feuiles, puis les frotter sur les zones malades. Informateur : Obono Allo’o.
  • Démangeaison
    Nom local : `nts`aN.
    Note : voir aussi Eczéma, Gale.
  • Diarrhée simple
    Nom local : `ntŸ&K`K.
    Symptômes : selles liquides.
    Causes : malnutrition, fait de mal mastiquer les aliments. Type de maladie : banale.
    Traitement : prendre un litre d’eau, puis un citron (Citrus limonum). Découper le citron en tranches. Extraire le jus en pressant sur les tranches. Trouver un morceau de sucre. Prendre 2 litres par jour.
    Un seul jour de traitement peut suffire.
    Note : terme à rapprocher d’un verbe signifiant ‘cracher’. Informateur : Nkoulou Evouna Guy-Roger.
  • Diarrhée-vomissement chez l’enfant
    Nom local : mwân àày&o ààtŸ&K`K f`2 (signifie ‘l’enfant vomit et crache
    aussi’).
    Symptômes : diarrhée-vomissement. Causes : mauvaise alimentation.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : prendre les feuilles de &akpàQà proche de la Mimosacée s&ay&2m^2
    (Albizia fastigata) + 6 citrons (Citrus limonum) + feuilles de la Zingibéracée « adz »Om ( Aframomum citratum). Doser dans un
    récipient et faire boire le décocté.
    Lavement : la Moracée às^2N (Musanga cercropioïdes) +
    l’Apocynacée « ek »uQ (Alstonia congensis) + la Légumineuse- Césalpiniée èb&eW (Berlinia bracteosa).
    `mb&ap : la Lécythidacée àb&KN (Combretodendron africanum) (écorces).
  • Diminution des performances sexuelles Nom local : (aucun). Type de maladie : banale.
    Traitement : trouver un litre de rhum ou de gin (whisky). Rassembler les écorces de la Combrétacée « and »O (Strephonema sericeum) puis
    trouver 4 noix de cola ou àbèé (Cola nitida) écrasés et 4 fruits de la Zingibéracée ndôN (Aframomum melegueta) qu’on prendra le
    soin de bien écraser et 5 piments écrasés.
    Aller dans la forêt et prendre la racine droite de la Moracée às^2N
    (Musanga cercropioïdes). Brûler la racine du Musanga cercropioïdes en même temps que l’écorce de « and »O
    (Strephonema sericeum). Ensuite écraser et mélanger tous les éléments cités. Les introduire dans la bouteille d’alcool à moitié pleine. Favoriser une fermentation (en attendant 7 jours environ). Prendre 1 ou 2 cuillérées à soupe 4 heures avant d’avoir des rapports sexuels.
    N.B. : il faut être courageux, ce décocté n’ayant pas forcément un très bon goût.
    Informateur : Nkoulou Evouna Guy-Roger.
    Douleurs après un accouchement (spasmes de l’utérus) Nom local : èv&Es.
    Symptômes : fortes douleurs après accouchement.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : purge. Frictionner les feuilles du pimentier òk&am (Capsicum
    frutescens) avec quelques écorces de papayer dans de l’eau. Deux prises (par voie anale).
  • Drépanocytose (voir Anémie)
  • Dysenterie
    Nom local : `ntŸ&K`K m&2k »K.
    Note : littéralement : ‘diarrhée-sang’.
  • Eczéma
    Nom local : m`Knts`aN.
    Note : voir Démangeaison, Gale.
  • Egratignure
    Nom local : ndŸ`Kn`K.
    Eléphantiasis des jambes Nom local : b`Knd`um.
    Note : ce terme signifie ‘patte d’éléphant’.
  • Eléphantiasis des testicules (localement « hernie ») Nom local : òy&oN.
    Symptômes : gonflement anormal des testicules.`
    Causes : peut être banale ou transmise mystiquement. Le traitement est identique dans les deux cas.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : `mb&ap. Faire bouillir les écorces de la Légumineuse-Césalpiniée
    òv`2N (Guibourtia tessmanii) + l’Annonacée òt&4u&4a (Polyathia suaveolens) + la Légumineuse-Mimosée tòm (Piptadeniastrum africanum) + la Myristicacée èt`2N (Pycnanthus angolensis) + èk`2kàm.
    mv&uàn. A partir des écorces de b&2s&a b&ok`2`2 + la Moracée às^2N (Musanga cercropioïdes) + èy`OQ`O + l’Euphorbiacée àsàs (Macaranga monandra) + la Composée &al&O mv&uù (Emilia
    sagittata). A ce menu l’on ajoutera de la poudre de l’écorce de àgb`KW (Alchornea cordifolia) + àk&2N.
    dzwàs. Dans une première bouteille mélanger les écorces de la l’Annonacée f`2p (Mondora myristica) + « akŸ »EW + àv&2p + la Légumineuse-Césalpiniée èyèn (Distemonanthus benthamianus, gratté) + èdz`Kp (gratté) + àk&2N + l’Anacardiacée « amv »ut
    (Trichoscypha ferruginea) + la Papilionée àk&OQ élé (Baphia laurifolia) + feuilles frictionnées de la Zingibéracée m`K&En (Costus afer) + la Tiliacée « ok »oN ( Grewia coriacea) + la Verbénacée b`2y`2m èl&OQ (Clerodendrum splendus).
    Dans une deuxième bouteille, introduire les écorces du parasolier (ou bois-bouchon) às^2N (Musanga cercropioïdes) et de la
    Rosacée m`2bàmànà (Parinari chrysophylla).
    Traitement prév. : composer un plat à base de concombre, de crevettes séchées + la Composée « em# »o ( Emilia corcinea) ou dz&Kb^K èl&OQ
    (Brillantaisia lamium). Manger cette préparation en une seule fois.
  • Epilepsie (forme perçue comme héréditaire) Nom local : òk&ub&uQ.
    Causes : hérédité. Type de maladie : banale. Traitement : avant de commencer le traitement, le patient doit absolument éviter d’être en contact avec les choses ou les animaux qui produisent de la mousse. On peut alors commencer le traitement de choc. Faire manger un mouton au patient. La crise épileptique apparaîtra dans les heures qui suivront. Au moment de la crise, prendre une lame ou des ciseaux. Prélever un morceau du corps du patient. Lui faire avaler ce morceau. La guérison est définitive. Informateur : Nkoulou Evouna Guy-Roger.
  • Epilepsie « injectée » mystiquement Nom local : òk&ub&uQ.
    Causes : provoquée par un « jeteur de maladie ».
    Type de maladie : fang.
    Traitement : recueillir les écorces de la Légumineuse-Mimosée « ed »um
    (Cylicodiscus gabunensis) + l’Apocynacée « ek »uQ (Alstonia
    congensis) en quantité importante. Faire bouillir les écorces dans une grande marmite appelée àts&Kn z`OQ. A la cuisson, prélever
    la mousse qui monte de la marmite. La mettre dans un récipient.
    La mousse se transforme en eau (liquide). On va utiliser une partie de cette mousse pour composer un mv&uàn. L’autre partie
    sera administrée par voie orale.
    Le patient ne déféquera pas à la selle. Il creusera une fosse
    spéciale pour cela. A chaque fois qu’il ira à la selle, il incantera : « &okw3an m32b&aQ&a m&2kwàn`2 é wò mà bân v3a Ÿ3K ». Puis
    le patient enterrera lui-même ses selles.
    Traitement prév. : prendre un escargot quelconque brûlé + une branche d’un arbre quelconque (àndz&aN) que l’on aura récupérée au fond d’une
    rivière + selles du malade. Couper un ongle (du pied et de la main), prélever quelques cheveux. Envelopper le tout dans un
    papier que l’on fermera à l’aide d’un fil.
    Aller ensuite au pied de la Tiliacée àkàQ (Duboscia
    macrocarpa). Cacher le petit paquet sous l’arbre. Prononcer une formule rituelle qui vise à protéger contre la maladie et les intentions futures des sorciers.
    Durée : 2 à 3 jours.
    Note : le verbe &akàQ signifie ‘projeter’.
  • Fatigue, asthénie fonctonnelle Nom local : « at »2Q &oW&uù.
    Symptômes : asthénie fonctionnelle.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : d&ut. Prendre les écorces de la Rosacée m`2bàmànà (Parinari
    chrysophylla) + la Légumineuse-Césalpiniées òv`2N (Guibourtia tessmanii) + la Palmacée àk&or&a (Raphia vinifera) +la Myristicacée èt`2N (Pycnanthus angolensis) + la Légumineuse Mimosée s&ay&2m^2 (Albizia fastigata) + la Légumineuse- Césalpiniée èl&on (Erythrophleum micranthum) + une souche « ek »um + la Composée àbàNgàQ (Vernonia conferta) et des racines de l’Euphorbiacée às&am (Uapaca le testuana) ne touchant pas le sol. Couvrir la marmite avec des feuilles de bananier. Faire chauffer. Faire des petits trous dans les feuilles servant de
    couvercle. Les vapeurs dégagées sont curatives.
    Notes : le terme d&ut ne désigne pas une maladie en tant que telle, mais
    fait référence à un type de traitement spécifique à la fatigue intellectuelle et physique. L’expression « at »2Q &oW&uù signifie ‘le
    corps est mou (faible)’.
  • Fausse couche
    Nom local : `ab`um d&a kŸ&K &at&an.
    Note : littéralement : ‘la grossesse sort’.
  • « Femme en travail » Nom local : m– »o.
    Traitement : pour permettre un accouchement presque « indolore », bien malaxer les feuilles de la Verbénacée b`2y`2m èl&OQ (Clerodendrum
    splendus), puis prendre du jus de canne à sucre (Saccharum officinarum, Graminée). Administrer le décocté par voie orale.
  • Grippe
    Nom local : èb&ubùù.
    Symptômes : apparaît souvent pendant la saison sèche et lors d’épidémies.
    Causes : banale.
    Traitement 1 : faire chauffer les feuilles de la Légumineuse-Césalpiniée èb&E
    &as&K (Cassia occidentalis). Recueillir le jus dans un verre d’eau.
    Boire de ce jus jusqu’à l’arrêt des symptômes.
    Traitement 2 : faire chauffer les feuilles de la Lamiacée m`2s`2p ( Ocimum
    gratissimum). Recueillir le jus dans un verre. Administrer jusqu’à la disparition de la toux en prenant 1 ou 2 verres par jour.
    La durée du traitement est généralement indéterminée. Notes : èb&ubùù signifie ‘qui [maladie] est facile à contracter’.
    Informateur : –
  • Hématome (?)
    Nom local : dzònòQ.
    Symptômes : sorte de furoncle sans pus. Si on appuie sur le furoncle, le pus ne sort pas. Le pus s’évacue tout seul. Les muscles peuvent aussi sortir. Cette maladie provoque souvent des infirmités. On la
    rapproche du cancer ou de l’hématome.
    Traitement : `mb&ap : écorces de la Rosacée m`2bàmànà (Parinari
    chrysophyla) + la Légumineuse-Césalpiniée tòm
    (Piptadeniastrum africanum) + la Légumineuse-Césalpiniée èl&on (Eryhrophleum micranthum) + la Légumineuse-
    Césalpiniée òv`2N (Guibourtia tessmanii).
    mv&uàn : écorces de l’Annonacée òt&4u&&4a (Polyathia suaveolens) + la Légumineuse-Mimosée m »Ks »Ks (Calpocalyx klanei ) + v`2vàbà (arbre proche de la Légumineuse-Mimosée s&ay&2m^2 (Albizia adianthifolia).
    La dose est illimitée jusqu’à la guérison complète.
  • Hernie (testiculaire)
    Nom local : « mb »aN.
    Les noms de maladies fang
    Note : littéralement : ‘noyau’.
    Hernie étranglée
    Nom local : « mb »aN.
    Note : sens littéral : ‘noyau’.
    Hoquet
    Nom local : s&es&2Q^2.
    Hydropisie
    Nom local : « Nk »2m.
    Hypertension artérielle
    Nom local : (aucun). Notes : Cf. `ns&Ks`Km.
    Impuissance sexuelle
    Nom local : èy`2`2.
    Causes : peut être innée (non héréditaire = infirmité), mais peut aussi être
    provoquée par exemple par une femme qui veut éviter que son mari la trompe, par un mari jaloux (forme appelée àb`2Q`2
    &abàr&a). Il existe aussi un faux èy`2`2 qui peut aussi être provoqué si la femme recueille les feuilles de la plante ày&K&K &as`K`En qu’elle frotte entre ses cuisses. On peut aussi fixer une
    épingle sous un coussin (même effet).
    Traitement : mv&uàn (purge). Prendre les écorces de la Moracée èk`2kàm
    (Ficus hochstetteri) et de la Légumineuse-Mimosée s&ay&2m^2 (Albizia adianthifolia ou fastigiata). Faire tremper dans de l’eau quelques heures et administrer.
    La purge a les propriétés suivantes : elle lave l’appareil digestif et
    l’appareil urinaire.
    `mb&ap. Recueillir les feuilles de l’Euphorbiacée èsùl&a
    (Plagiostyles africana) et de la Loranthacée bw&an3a m&2t&Ob^O (Englerina gabonensis, signifie : ‘pousse-toi de là, que je m’asseye’). Le traitement dure de 3 jours à une semaine.
  • Jaunisse (ou hépatite). Nom local : zòN.
    Symptômes : yeux jaunâtres (premiers signes), urines jaunâtres. Causes : inconnue.
    Traitement : le traitement comporte deux phases :
    ` mb&ap : faire bouillir les écorces de àv&2p élé (n. id.) + la
    Palmacée àk&or&a ( Raphia vinifera) + « akŸ »EW (non identifié) + l’Ulmacée èb&2b32N (Celtis sauyauxii). Asperger le décocté sur
    tout le corps du malade.
    mv&uàn : la purge sera constituée de `nl&o &as^2N (n. id.) +
    l’Annonacée òt&4u&4a (Polyathia suaveolens) + la Légumineuse- Mimosée tòm (Piptadeniastrum africanum). Ce traitement est très efficace.
    Pratiquer les aspersions et les lavements 2 ou 3 fois par jour, pendant deux jours.
  • Mal d’estomac (ulcère d’estomac) Nom local : « os »aN.
    Symptômes : selles de couleur noire, constipation, céphalées, essoufflement, mal des reins, des genoux, gonflement de l’estomac, mal d’estomac. On ne peut plus manger du fait de cette douleur. Troubles de la vision, amaigrissement. Cause : nourriture congelée.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : mgb^EW : Prendre les jeunes feuilles de àsàs ( Macaranga
    monandra). Les faire braiser dans un paquet, ensuite remplir un
    gobelet de citron (environ la moitié d’une bouteille de bière). Presser le citron. Récupérer les feuilles de àsàs ( Macaranga
    monandra). Mélanger ces feuilles avec le jus de citron. Tamiser le mélange. Le malade administrera le décocté par voie orale. Ce premier traitement permet de faire un lavage complet de l’estomac. L’autre phase du traitement consiste à calmer les
    douleurs provoquées par la purge et à élimer le « poison » entraîné par la maladie elle-même. De ce fait recueillir l’écorce de l' »at »Om
    + 3 doigts de la banane mv`EW non mûre. Piler les bananes sans enlever la peau. Verser ensuite de l’eau froide. Malaxer le tout dans une casserole.
    Administrer la médication par voie orale pendant 3 jours puis le 4ème jour, administrer en même temps par les voies orale et anale.
    Au moins 2 à 3 verres.
    Maintenir le traitement jusqu’à ce que les selles perdent leur couleur noire.
    NB : le traitement proposé ici est incomplet. Note : littéralement ‘estomac’.
  • Paludisme (malaria)
    Nom local : ts&Kt.
    Symptômes : céphalées accompagnées d’une forte fièvre.
    Traitement 1 : recueillir les écorces de l’Annonacée `mfò&o (Enantia chlorantha),
    les écorces de « ed »um ( Cylicodiscus gabunensis), puis de l’Apocynacée « ek »uQ (Alstonia congensis). Faire bouillir toutes ces écorces dans de l’eau, après y avoir déposé des tranches de citron en quantité suffisante.
    Traitement 2 : préparer une tisane en faisant bouillir une racine de la Légumineuse-Papilionée òsàN (Dolichos lablab). Y ajouter 4
    morceaux de sucre.
    Il est conseillé de prendre au moins 1 verre par jour pendant 3 jours.
  • Panaris
    Nom local : èt&2tàà.
    Symptômes : abcès sans « tête ». Provoque des démangeaisons au début. Douleur lancinante.
    Type de maladie : banale.
    Traitement : prendre les feuilles de la Composée àtéré &Nk`O&O (Vernonia
    sp.) auxquelles on ajoute de l’huile d’amande de noix de palme (Eleias guineensis tenera) ou bien du kaolin. Appliquer le
    mélange sur la zone infectée. Puis prendre la feuille de l’Ampélidacée « mb »o W&a zàN (Cissus adenocaulis) et l’enrouler
    sur l’abcès. Cette petite liane a aussi un effet curatif. La guérison est rapide.
  • Plaie, ulcère de la peau Nom local : f&o&o.
    Type de maladie : banale.
    Traitement 1 : recueillir les feuilles de l’Apocynacée ètŸ&K&E (Fabernaemontana
    pachysiphon). Les frictionner. Appliquer sur la plaie puis couvrir à l’aide de la Composée àl&O&O mv&uù (Emilia sagittata) qui ne
    sert que de bande.
    Traitement 2 : bien écraser de la terre. Recueillir la poudre obtenue. Appliquer
    cette poudre sur la plaie. La guérison est rapide.
  • Règles continues, ménorragie Nom local : m »2k »K.
    Type de maladie : banale ou fang.
    Cause : inconnue sauf si la maladie a été « injectée » à la suite du vol d’une garniture ayant appartenu au patient. Pour bien saisir l’origine de la maladie, on peut utiliser un « miroir » ou faire appel à un esprit pour avoir des informations précises sur la cause de cette affection.
    Traitement : constituer une purge en associant les écorces des plantes suivantes : Légumineuse-Mimosée etòm (Piptadeniastrum
    africanum) + la Légumineuse-Césalpiniée èl&on (Erythrophleum micranthum) + la Légumineuse-Mimosée s&ay&2m^2 (Albizia
    audianthifolia ou Albizia fastigata).
    La purge doit être accompagnée d’un `mb&ap (décocté pour
    aspersions) composé des éléments suivants : l’Annonacée èb`Om (Annonidium manii) + l’Annonacée `mfò&o (Enantia chlorantha) auxquelles on ajoute n’importe quelle plante poussant sur la souche d’un arbre (lien avec la transgression d’un interdit).
    Pour la dernière partie du traitement, prendre les écorces de l’Annonacée « av »om (Cleistopholis glauca) et de àv&2p élé (non identifiée). Découper les écorces en petits bâtonnets. Les introduire dans une bouteille à moitié vide. Faire fermenter pendant quelques heures. Durée : 3 jours.

LES NOMS DE MALADIES ISANGU (GABON)

INTRODUCTION
La liste de noms de maladies isangu que nous présentons ci-dessous est le résultat
de deux mois de travail avec notre informateur principal, madame Ignanga Jeannette qui est guérisseuse et membre d’une société secrète initiatique appelée m&Kmbw&Krì. Pour
chaque maladie, elle a, dans la mesure du possible, donné les causes possibles et les traitements qu’elle prescrit et applique d’ordinaire à ses patients (processus thérapeutiques et posologies). Toutes les plantes qu’elle a citées, nous les avons vues lors de nombreuses tournées en forêt, où nous l’accompagnions chaque fois qu’elle allait chercher des traitements pour ses nombreux patients.
La liste est présentée dans l’ordre alphabétique du français (par rapport à la traduction des noms de la maladie en français métropolitain).

PATHOLOGIES IDENTIFIEES

  • Abcès
    Nom local : pyâ∫`K (littéralement ‘mal’).
    Cause : l’abcès est une affection naturelle. Mais en cas de non-guérison, l’explication avancée est celle de la sorcellerie (infra).
    Traitement : au premier stade, appliquer la graisse du python ou la sève de l’arbre appelé p`Os`2 (non identifié) à l’endroit malade. En général l’abcès
    disparaît très rapidement.
    Si la maladie est dans un stade avancé, il faut chercher une feuille de la plante mb&elùs`2 (Emilia sagittata), mettre l’huile de palme sur
    cette feuille et l’appliquer sur l’endroit malade. La caractéristique de
    cette feuille est qu’elle extrait le pus et fait que l’abcès se perce très rapidement. On peut aussi utiliser la feuille du taro d&Klâ:Ng`2
    (Colocasia esculentum) ou celle de l’igname mbâl`2 (Dioscorea alata) et l’appliquer ; on obtiendra le même résultat.
  • Affection dentaire (carie)
    Nom local : m^Knù (littéralement ‘dents’).
    Cause : cette affection est provoquée par la saleté ou la chaire de viande collée
    entre les dents. Cette saleté provoque la venue d’un ver “rongeur” nommé m&uNg&ENg`K.
    Traitement : prendre des écorces du manguier m&um&aNg`2 (Mangifera indica), les mettre dans de l’eau et faire des bains de bouche quotidiens. Ensuite boire régulièrement de l’eau pimentée pour chasser le ver.
  • Affection hépatique (cirrhose, hépatite)
    Nom local : d&Kb&al`K (littéralement ‘foie’).
    Cause : consommation excessive de cigarettes (etc.), de vin ou de piment. Mais, en plus de ces causes, il arrive que cette maladie soit provoquée
    par le mauvais sort du sorcier.
    Traitement : prendre les bouts de l’arbre appelé m&usà:s`2 (Harungana madagas-
    cariensis) des arbustes kût`2 (Carpolobia alba ou lutea) et Ng$aNg`2
    (Guibourtia arnoldiana ou coleosperma) ; les écraser. Ensuite ajouter une feuille appelée dyârù d&K Ng&uy`K (‘oreille du potamochère’ ;
    non identifié), le piment sauvage appelée n&u:Ngù tù:ndù (non identifié) et la kola dyâlì. Le mélange obtenu est consommé régulièrement par le malade jusqu’à la guérison totale. Si la maladie est provoquée par le sorcier, il faut recourir au grand guérisseur.
    Ampoule provoquée par un travail manuel Nom local : d&Kbûb`2.
    Cause : affection naturelle due au travail manuel.
    Traitement : frotter le mélange composé d’oseille (Hibiscus sabdariffa) pourrie, b&ukûlù b&u b^Ol`2, et d’huile de palme, mâtsì m&a b&aNgàtsì,
    sur l’endroit malade.
  • Ampoule provoquée par des eaux sales Nom local : b&al&ats`K.
    Cause : affection naturelle provoquée par des eaux sales.
    Traitement : frotter l’oseille (Hibiscus sabdariffa) pourrie et l’huile de palmes.
  • Bronchite
    Nom local : &Kfi&o:nzù (littéralement ‘toux’).
    Cause et
    traitement : même perception et même traitement que l’asthme (m&ub$Ek`K, voir ci-
    dessus).
  • Catarrhe
    Nom local : m&uts&ek`K.
    Cause : affection provoquée par le mal de tête, par la poussière ou par la toux. Elle peut aussi être provoquée par le sorcier. Dans ce cas, elle se
    révèle chronique.
    Traitement : prendre les feuilles de la plante appelée d&Kyùy&Kfi`2 (Kalanchoe
    crenata), les écraser et les mettre dans une feuille (en faire un paquet). Ensuite chauffer légèrement ce mélange et donner au malade trois à cinq gouttes nasales trois fois par jour.
  • Cécité
    Nom local : b&ap&afù.
    Cause : cette maladie est peut être naturelle, mais dans la plupart des cas elle est provoquée par le sorcier qui vous “frappe son aigle aux yeux”. Il s’agit bien évidemment, suivant la conception locale, d’un aigle mystique.
    Traitement : lorsqu’on constate une baisse de vue (baisse naturelle), il faut prendre un bout de la liane appelée dyâb`2 (Cissus quadrangularis) et verser
    trois à cinq gouttes de sa sève dans les yeux régulièrement. Si le sorcier en est la cause, la guérison est très difficile, il faut absolument rencontrer un grand guérisseur.
  • Céphalée
    Nom local : &Kfiòm`Kn`2 (littéralement ‘marteau’).
    Cause : affection due à une insolation ou au mauvais sort du sorcier. Traitement : prendre la liane appelée &&ufiâm`2 (Rinorea subintegrifolia), la gratter
    jusqu’à l’obtention d’une poudre. Faire ensuite des petites plaies au front du malade (saignement) et frotter cette poudre sur les blessures. L’affection disparaît aussitôt, du moins si elle est naturelle. Si par contre elle est provoquée par le sorcier, elle reviendra aussitôt. Pour la guérir, il faut aller voir un grand guérisseur.
  • Coliques intestinales du nourrisson.
    Nom local : d&Kf&umù &ub&aNg&ufiù (littéralement ‘le ventre qui grandit’).
    Cause : elle peut avoir plusieurs causes, dont les ascaris, la diarrhée, etc. Mais elle peut aussi être provoquée par le sorcier.
    Traitement : si cette affection est provoquée par les ascaris, prendre les écorces de l’arbre appelé mw&amb`2 (Calpocalyx heitzii), les tremper dans un litre
  • Conjonctivite
    d’eau et faire boire la substance obtenue au malade régulièrement (les écorces de cet arbre sont si amères (toxiques ?) que les ascaris meurent très rapidement).
    Nom local : m&anê:Ng`K.
    Cause : affection contractée par contagion ou due à la saleté, l’excès de pleurs
    et la fumée.
    Traitement : prendre le tronc de la plante appelée m&ukw&Ks`2 (Costus lucanusianus)
  • Coqueluche
    ou le cœur de l’arbuste appelé b&afi&alù (non identifié), l’écraser et mettre la substance obtenue dans une entonnoire, verser ensuite trois à cinq gouttes dans les yeux du malade, trois fois par jour (matin, midi et soir).
    Nom local : &Kfi&o:nzù fi&K m&ak`Kt&Kt`K.
    Cause : maladie naturelle ou provoquée par le sorcier.
    Traitement : 1) prendre les écorces de l’arbre appelé m&us$ukù (Scyphocephalium
  • Crampe
    ochocoa), les mettre dans une bouteille d’eau et faire boire la
    substance obtenue au malade trois fois par jour ;
    2) prendre les écorces de l’arbre appelé ndûNg&u (Monopetalanthus
    heitzii), les faire bouillir et faire boire la substance obtenue au malade ;
    3) faire vomir le malade lui faisant boire un mélange d’écorces de m&us`E&ENg`2 (parasolier, Musanga cecropioides) et d’huile de palme.
    Nom local : d&Kt&aNg`2.
    Cause : maladie naturelle.
    Traitement : 1) si c’est au pied, mettre un charbon (d&&Kfi àl`2) aux orteils et
    approcher le pied du feu ;
    2) si c’est au bras, saisir le charbon et approcher le bras du feu.
  • Fibrome utérin
    m&ayô:mbù (Aframomum giganteum), les tremper dans un seau d’eau, ajouter les feuilles sèches de bananier d&Kfi`O:nd`2 (MUSACEE) et faire bouillir le tout. Ensuite mettre le seau chaud entre les pieds du malade et le couvrir totalement avec des couvertures. Il reste ainsi pendant une trentaine de minutes. Lorsqu’il aura suffisamment transpiré, la fatigue aura disparu.
    Nom local : kùkù (sens premier : ‘crabe’).
    Cause : cause inconnue.
    N.B. : lorsqu’une femme est atteinte de cette maladie, elle ne peut pas
    avoir d’enfants.
    Traitement : prendre les écorces des arbres w&anz`2 (non identifié), m&up$ Enz`K
  • Fièvre
    (Pentaclethra macrophylla ?), Ng&um`K (Aucoumea klainenana) et la liane appelée d&Knz$ K:Ng`2 (Monodora myristica ?), et faire le mélange. Mettre une partie dans une bouteille remplie d’eau que la malade boira quotidiennement ; mettre l’autre partie dans une marmite remplie d’eau et faire bouillir. La substance obtenue sera utilisée par la malade pour faire des lavements.
  • Fibrome utérin
    m&ayô:mbù (Aframomum giganteum), les tremper dans un seau d’eau, ajouter les feuilles sèches de bananier d&Kfi`O:nd`2 (MUSACEE) et faire bouillir le tout. Ensuite mettre le seau chaud entre les pieds du malade et le couvrir totalement avec des couvertures. Il reste ainsi pendant une trentaine de minutes. Lorsqu’il aura suffisamment transpiré, la fatigue aura disparu.
    Nom local : kùkù (sens premier : ‘crabe’).
    Cause : cause inconnue.
    N.B. : lorsqu’une femme est atteinte de cette maladie, elle ne peut pas
    avoir d’enfants.
    Traitement : prendre les écorces des arbres w&anz`2 (non identifié), m&up$ Enz`K
  • Fièvre
    (Pentaclethra macrophylla ?), Ng&um`K (Aucoumea klainenana) et la liane appelée d&Knz$ K:Ng`2 (Monodora myristica ?), et faire le mélange. Mettre une partie dans une bouteille remplie d’eau que la malade boira quotidiennement ; mettre l’autre partie dans une marmite remplie d’eau et faire bouillir. La substance obtenue sera utilisée par la malade pour faire des lavements.
  • Herpès, mycose

Nom local : &Ks&er&Kfi`2.
Cause : affection due à l’eau sale ou à la saleté en général. Elle peut aussi être
provoquée par le sorcier. Dans ce cas elle s’attaque à tout le corps. Traitement : 1) prendre les feuilles de la plante appelée k&ENg&2l&Kb`2 (non
identifié), les écraser jusqu’à obtention d’une pâte que le malade appliquera sur les endroits atteints matin et soir.
2) gratter la mycose et la frotter de la cendre chaude sur les blessures.

  • Hoquet
    Nom local : &Ktsòts&Kk`K.
    Cause : maladie provoquée par le fait d’avaler la nourriture de travers. Traitement : 1) boire beaucoup d’eau.
    2) mettre une tige de bambou sur la tête.
  • Infection de l’utérus
    Nom local : mb&and`2k&ubù (littéralement ‘bas ventre’).
    Cause : infection provoquée par les règles douloureuses ou par la sorcellerie. Traitement : 1) prendre les écorces du papayer m&&ulôlù (Carica papaya), les
    nettoyer et les mettre dans une calebasse d’eau froide. La malade boira
    cette eau matin et soir.
    2) prendre les écorces de l’arbre appelé m&&uW&ay`K (Treculia africana),
    les mettre dans une calebasse d’eau froide. La malade consomme cette eau matin et soir.
    Inflammation des ganglions lymphatiques
    Nom local : m&&ut&Et`K (au pied) et m&unàn&2Ng`2 (aux aisselles).
    Cause : du sang coagulé à la suite d’une piqure d’insecte ou de la morsure
    d’un reptile.
    Traitement : prendre de la terre d’une fourmilière, la diluer et la frotter sur le ganglion.
  • Lèpre
    Nom local : m&&aky$edì (littéralement ‘éclairs’).
    Cause et
    traitement : la lèpre est perçue comme une maladie extrêmement dangereuse ; elle déssèche et brûle la peau. Elle est héréditaire ou provoquée par le sorcier. Ses soins sont très difficiles.

LES NOMS DE MALADIES ESHIRA (GABON)

INTRODUCTION
Nous ne reprendrons pas ici la présentation de l’ethnie eshira. Le lecteur se référera à la première section de cet ouvrage (chapitre VII).
Pour ce qui est des noms de maladies et surtout des noms des remèdes utilisés pour soigner les maladies locales (ces derniers seront présentés dans la section suivante), Madame Massabanga Marie-Louise a été notre informatrice. Les noms scientifiques des plantes mentionnés ici sont ceux utilisés par Raponda-Walker et Sillans, dans leur ouvrage Les plantes utiles du Gabon1.
Chaque fois que nous indiquons dans la rubrique Thérapeute “toute personne appartenant à la communauté”, cela signifie que pour être soignée, la maladie en question ne nécessite pas les soins d’un spécialiste, mais tout au plus les conseils d’un ancien de la communauté2.

PATHOLOGIES IDENTIFIEES

  • Abcès
    Nom local : d&îB&umb&u.
    Cause : inconnue.
    Thérapeute : toute personne appartenant à la communauté.
    Traitement : végétal, à savoir mb&aréî “palmier à huile”, Elaeis guineensis
    (PALMACEE). Enduire sur l’abcès du jus de noix de palme crue, deux fois par jour au moins. Note : voir aussi Furoncle.
  • Inflammation du ganglion inguinal Nom local : m`un&ar`K.
    Lèpre (encore sous forme de tâches) Nom local : bw&ats&î.
    Cause : elle peut être naturelle, mais aussi avoir des origines occultes.
    Thérapeute : spécialiste (notre informatrice par exemple).
    Traitement : plusieurs plantes, à savoir Géînd&ê (non identifiée), m&udôum&ê
    “Andoum”, Cylicodiscus gabunensis (LEGUMINEUSE-MIMOSEE), m&uréEy&ê Copaifera religiosa (LEGUMINEUSE-CESALPINEE), Ng&owéu
    “Azobe” ou “Bongossi”, Lophira procera (OCHNACEE), m&us&us&uNg&ê Pachypodanthium staudtii (ANNONACEE).Des écorces de ces plantes,
    on fait un bain. Le patient doit se laver tout le temps. Ou bien, on brûle de l’écorce de Géînd&ê et celle de m&us&us&uNg&ê. On prend le
    charbon qui en sort, on le reduit en poudre.De cette poudre mélangée à l’huile d’amandes de noix de palme, le patient doit s’enduire le corps.
  • Lordose
    Nom local : Ng^oy`u.
    Note : voir Rhumatisme.
  • Maladie du sommeil
    Nom local : m`2n&KNg`Kl`2.
  • Lumbago (mal de dos)
    Nom local : m`uk`ak`2l`2.
    Note : littéralement ‘dos’.
  • Malchance
    Nom local : p^Knd`K.
    Note : littéralement ‘mauvais sort’.
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  • Mal d’estomac
    Nom local : d`Kf&um`u.
    Note : littéralement ‘ventre’.
  • Otite
    Nom local : d&îréu.
    Cause : génie.
    Thérapeute : toute personne appartenant à la communauté.
    Traitement : plante, à savoir le palmier à huile, mb&aréî, Elaeis guineensis. Laisser
    tomber quelques gouttes d’huile de palme un peu chaude dans l’oreille malade.
    Note : littéralement ‘oreille’.
  • Palpitations
    Nom local : m`ur`Km&2.
    Note : littéralement ‘cœur’.
    Paludisme
    Nom local : fiy&ots`K.
    Note : voir aussi Fièvre.
  • Panaris
    Nom local : G&îtsy&end&î
    Cause : inconnue.
    Thérapeute : toute personne appartenant à la communauté.
    Traitement : plusieurs plantes, à savoir k&umb&ê dyéum&ê Ageratum conyzoides
    (COMPOSEE), môoNg&u “patate douce”, Ipomoea batatas, (CONVOLVULACEE), m&us&oNg&u Anthostema aubryanum (EUPHORBIACEE). Faire cuire les feuilles de la première plante à l’étuvée, les mélanger à l’huile de palme. Pour les feuilles de la patate douce, la recette est la même : appliquer le tout sur la partie malade et l’attacher. Quant à la dernière plante citée, en prendre la sève et l’appliquer sur la partie malade.
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  • Panaris (autre forme, plus avancée ?) Nom local : fi`Kr`ur&und`2.
  • Varicelle
    Les noms de maladies eshira
    Nom local : k&umbéê k&unz&u.
    Cause : maladie naturelle, périodique (épidémie).
    Thérapeute : toute personne appartenant à la communauté.
    Traitement : plante, à savoir G&îG& oNg&u “manioc”, Manihot utilissima
  • Variole
    (EUPHORBIACEE). Ecraser les tubercules de manioc amère, puis, de cette poudre humide, enduire le corps de l’enfant malade.
    Nom local : G&îmbwéand&ê.
    Cause : maladie naturelle, périodique (épidémie).
    Thérapeute : toute personne appartenant à la communauté.
    Traitement : végétal, à savoir mw&al&î Ng&aı&î “citronnier”, Citrus limonum
    (RUTACEE). Faire un bain dans un récipient avec les feuilles et les fruits de cet arbre. Le patient se baignera souvent. Renouveler l’eau après chaque bain.
  • Venin de serpent
    Nom local : myéaNg&êl&ê.
    Cause : morsure.
    Thérapeute : spécialiste.
    Traitement : plantes, à savoir m&uıéOı&OG&ê Pentas dewevrei (RUBIACEE), n&uNg&u
    Verrue
    ts&î môîs&u “poivre de Guinée”, Aframomum melegueta (ZINGIBERACEE), m&upéep&es&î “arbre aux foliotocoles”, Maprounea membranacea (EUPHORBIACEE). Prendre les feuilles de m&uıéOı&OG&ê, mélanger avec les graines de n&uNg&u ts&î môîs&u, ensuite piler ; appliquer le tout sur la morsure, (m&uıéOı&OG&ê signifie ‘arbre aux serpents’, ı&oGéê ‘serpent’.
    Prendre les feuilles de m&upéep&es&î, mélanger avec les grains de n&uNg&u ts&î môîs&u (ce qui signifie ‘piment sous forme de grains’) ; appliquer sur la morsure (m&upéep&es&i signifie ‘arbre aux cancrelats’ (d&uBées&î, pl. pées&î ‘cancrelat’) car ses feuilles ont les vertus d’un insecticide.

LES NOMS DE MALADIES WANZI (GABON)

Nous présenterons dans ce chapitre les noms de maladies recensés en langue waanzi. Afin de faciliter la recherche nous avons classé par ordre alphabétique les termes français équivalents placés en tête de chaque rubrique. Il s’agit bien entendu de équivalents approximatifs. Les expressions pour lesquelles aucun équivalent français n’a pu être trouvé ont été placées en fin de chapitre.

PATHOLOGIES IDENTIFIEES ET LEURS REMEDES

  • Abcès
    Nom local : l`Ks`Os&O.
    Symptômes : enflement douloureux et lancinant de la partie infectée.
    Cause(s) : a) épidemie ; b) saleté corporelle ; c) sortilège.
    Thérapeute : pât`K m&u&utù wà y&a&a∫&a mùt&K (tout individu connaissant les
    thérapeutiques).
    Traitement : nd&u&ung&u + mààr&K (piment (Capsicum frutescens) + huile de
    palme (Elaeis guineensis).
    Préparation : ramollir les feuilles de piment sur le feu et les enduire d’huile de
    palme. Administration : cataplasme.
    Abcès à l’aisselle
    Nom local : ù∫ààng&a.
    Symptômes : enflement douloureux et lancinant sous l’aisselle.
    Cause(s) : a) épidemie ; b) saleté corporelle ; c) sortilège.
    Thérapeute : pât&K m&u&utù wà y&a&a∫â b`Ksèm&a (tout individu connaissant les
    thérapeutiques). Traitement : (cf. traitement Abcès).
  • Céphalée persistante
    Nom local : mùtsw&E Ngààng&K.
    Sens littéral : ‘tête douloureuse’.
    Symptômes : élancements persistants plus ou moins supportables sous le crâne. Cause(s) : a) insolation excessive ; b) choc sur la tête ; c) hurlements ;
    d) mauvaise façon de pleurer.
    Thérapeute : mùk&at&Ks&K &a màts&umb&Kt^K (tradipraticien sachant mettre les
    ventouses).
    Traitement : màts&umb&Kt^K (petites calebasses utilisées en guise de ventouses).
    Valeur
    connotative : màts&umb&Kt^K renvoie au verbe ùs&omb&utâ ‘aspirer’.
    Préparation : inciser les tempes, mettre de la cire sur une des terminaisons de la calebasse, fixer la calebasse sur la tempe par sa base non bouchée et aspirer le sang. Administration : saignement.
  • Chancre du nez
    Nom local : kémâ.
    Sens littéral : ‘singe’.
    Symptômes : le nez du sujet est rongé par un plaie tenace.
    Cause(s) : a) contagion ; b) sorcellerie. Thérapeute : mùtéés^K (devin).
    Traitement : b`Ksèm&a mùlèèl`K Ng&a&angà (la démarche thérapeutique est
    dictée par le devin). Préparation : médico-magique.
    Administration : cérémonie.
    Note : proto-bantou CS 1058 *-k&Kmà ‘kind of monkey’.
  • (Cicatrice)
    Nom local : ù∫`Kr&K.
    Symptômes : trace subsistant sur le corps après guérison d’une plaie. Cause(s) : plaie qui s’est refermée.
    Note(s) : pas de traitement particulier [une cicatrice est inesthétique mais n’est pas perçue comme une maladie].
  • Eczema du pied, filaires du pied Nom local : kèW`K.
    Symptômes : démangeaison, gonflement et échauffement local, petits boutons purulents.
    Cause(s) : ver minuscule.
    Thérapeute : a)pât&K m&u&utù wà y&a&a∫â b`Ksèm&a ; b)ng&a m&K&KWû m`K
    b&as`E`ENg^E (a) tout individu connaissant les thérapeutiques ;
    b) quelqu’un qui à des dents taillées).
    Traitement : l`Kk&Efi^E, l`Kp&E&Emb&E (Acanthus montanus, kaolin).
    Préparation : fouetter les feuilles épineuses de l’Acanthus montanus, enduire le kaolin sur la zone affectée ; faire mordre la partie malade par quelqu’un qui à des dents taillées. Administration : application locale.
  • Égratignure
    Nom local : mùfiòrùtâ.
    Symptômes : blessure légère sur le corps suite à un choc.
    Cause(s) : objet qui cause une éraflure.
    Thérapeute : pât&K m&u&utù wà y&a&a∫â b`Ksèm&a (tout individu connaissant les
    thérapeutiques).
    Traitement : mààmb&a m&a mbw&a&afià + màWààNgà (eau chaude + huile de
    noyaux palmistes).
    Préparation : presser la zone égratignée avec de l’eau chaude et oindre l’huile de noyaux palmistes.
    Administration : friction.
    Note : verbe correspondant : ù-fiòrùtà (cl.7) ‘égratigner, érafler’. Proto-
    bantou : CS 1189 *-kùdud- ‘scrape’.
  • Éjaculation tardive
    Note(s) : non perçue comme une maladie.

LES NOMS DE PLANTES MEDICINALES KIYOOMBI

PLANTES IDENTIFIEES
-Nom scientifique du végétal

-Nom local

-Usage médicinal

*Aframomum melegueta ZINGIBERACEE léunt&unt&und&u sexualité Aframomum spp. ZINGIBERACEE léîs&îs&a rougeole Aframomum granum paradisi ZINGIBERACEE léukY&Ef&u léu mp&u&umb&u hémorroïdes Ancistrophyllum secundiflorum PALMACEE léub&a&amb&&a Andasonia digitata énk&O&Ond&u Annona muricata ANNONACEE énfûr&uéut&u toux Annona senegalensis ANNONACEE énlôOl&u wéu nt&a&and&u Anthocleista vogelii LOGANIACEE émvéuk&ê Brillantaisia patula ACANTHACEE léîléEl^^Emb&a Bryophyllum pinnatum (*crassula) CRASSULACEE léîy&uk&a rend insensible à la douleur (sorte d’anesthésique) Caloncoba welwitschii FLACOURTIACEE kéîkW&a&ak&u Cannabis sativa CANNABINACEE lYéaéamb&a chasse les mauvais esprits Canarium sp. BURSERACEE énkâl&a Capsicum annuum SOLANACEE énkY&Ef&u (léukY&Ef&u)

Sonfack Dongmo Maxence

D'origine Camerounaise, né à Bonaberi-Douala âgé depuis 1997; SONFACK DONGMO MAXENCE que je suis jeune développeur résidant à douala vient avec son tout nouveau site MAX-SANTÉ.COM dans le but de mieux vous édifier sur la santé 200% naturel basé sur la recherché approfondi des vertus de l'aloe vera. En partenariat avec flpcameroun (forever living product ). https://shop.flpcameroon.com/store/boutique/les-plus-vendu Vous trouverez ici tous pour être au top tel que: santé-beauté-hygiène.

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